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Autisme et TDAH : quand un trouble en cache deux, comment y voir clair ?

Ce mélange hautement contrasté, c’est le quotidien de Vanessa Licata, depuis toujours. Mais ce n’est que récemment que la jeune femme de 37 ans a pu poser des mots sur son fonctionnement particulier.

 

"Tout le monde m’a toujours dit que j’étais bizarre", partage-t-elle. "J’ai su toute ma vie qu’il y avait quelque chose mais je ne savais pas quoi. Je me suis toujours sentie comme une sorte d’alien en marge de la société."

Petite déjà, Vanessa rencontre des difficultés notamment à l’école. Mais sa famille passe à côté, préoccupée par son frère chez qui un diagnostic de TDAH est posé très jeune. Son agitation à lui attirait plus l’attention. "Moi je ne posais pas problème, tant que j’allais à l’école, je ne dérangeais personne". Etudiante, elle va voir une psychologue qui lui parle d’hypersensibilité.

C’est bien plus tard qu’elle entamera une réflexion et un parcours qui la mèneront d’abord à un diagnostic de TDAH, suivi par un diagnostic supplémentaire d’autisme six mois plus tard.

Le mot autisme, ça fait tout drôle, c’est rempli de connotations négatives.

Autant elle n’a pas été surprise par la découverte de son TDAH, autant celui de son autisme lui a demandé un temps d’acceptation. 

Comme elle l’explique avec émotion dans la vidéo ci-dessous, ce double diagnostic a surtout remis toute sa vie en perspective.

Aujourd’hui, Vanessa revisite donc son histoire personnelle avec de nouvelles clés de compréhension. Elle termine aussi la réalisation d'un livre  "Toujours Trop", et souhaite s'investir pour aider ceux et celles traversés par les mêmes questionnements et difficultés.

Car ce double diagnostic constitue pour elle un soulagement, voire une "libération". Il lui permet de prendre du recul par rapport à tous les qualificatifs parfois péjoratifs qu’elle-même ou d’autres utilisaient à son propos : "trop intense", "chiante", etc. Jamais dans la norme. Il y a une part de déculpabilisation, explique-t-elle. Les médicaments adaptés à son TDAH lui ont aussi permis de surmonter certains obstacles du quotidien.

A l’annonce de son double diagnostic, l’un de ses proches relativise : "On est tous un peu autiste non ?". Avant d’admettre qu’il doit se renseigner sur la question. Autre réaction fréquente selon Vanessa : "Les personnes neurotypiques ramènent tout à un trauma, c’est plus simple pour elles, alors qu’on peut aussi avoir des traumatismes mais ce n’est pas la même chose". Et puis il y a tous ceux pour qui la nouvelle a semblé évidente.

Vanessa partage régulièrement son vécu et sa double perspective TDAH/TSA sur les réseaux sociaux, "ma thérapie à moi" dit-elle. Sa communauté est plutôt bienveillante.

Mais le regard de la société n’est pas pour autant toujours éclairé sur la question. Elle est donc aussi confrontée à de l’incompréhension. Le mot "autisme" en particulier résonne encore avec beaucoup de clichés. Auxquels Vanessa ne correspond pas de prime abord.

Il faut dire que l’autisme est désormais considéré comme un spectre – qui recouvre des vécus très différents – on parle d’ailleurs de "trouble du spectre autistique" (TSA). Que l’autisme au féminin ne se manifeste pas forcément de la même façon que l’autisme au masculin. Et que la combinaison avec le TDAH achève de complexifier la donne. Les symptômes peuvent se compenser ou s’amplifier mutuellement.

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