Burundi: l’Olucome plaide pour une Cour Internationale de lutte contre la Corruption

Gabriel Rufyiri : « Depuis 2006, aucune infraction d’enrichissement illicite, de la non déclaration des biens, de blanchiment d’argent, …n’a encore été sanctionnée malgré ces lois en vigueur. »

Burundi: l’Olucome plaide pour une Cour Internationale de lutte contre la Corruption

By / ECONOMIE / Thursday, 28 January 2021 22:17


Dans sa résolution 74/276 intitulée « Session extraordinaire de l'Assemblée générale contre la corruption » adoptée le 1er juin 2020, l'Assemblée générale de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a encouragé les organes, entités et institutions spécialisées du système des Nations Unies, les organisations internationales et régionales compétentes, la société civile, les universités et les autres parties prenantes concernées à contribuer pleinement au processus préparatoire de la prochaine session. L’Olucome a donné sa contribution.

« La corruption est un cancer qui ronge les institutions publiques quitte à ce que les serviteurs publics deviennent comme une pomme de terre pourrie qui se trouve dans un carton plein et faisant pourrir à son tour tout le reste dans une seule journée », indique Gabriel Rufyiri, président de l’’Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques (Olucome).

Selon lui, il a été prouvé que durant les 18 ans de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la Corruption, la plupart des pays ne l’ont pas bien appliquée à l’instar du Burundi qui avait essayé depuis 2006.

Suite à la force des corrompus burundais, tous les efforts fournis allant dans le sens de lutte contre la corruption ont été annihilés par les corrompus.

 « La Convention des Nations Unies contre la Corruption, la Constitution burundaise et la loi anti-corruption sont d’usage au Burundi mais depuis 2006 jusqu’à cette date aucune infraction d’enrichissement illicite, de la non déclaration des biens, de blanchiment d’argent, …n’a encore été sanctionnée malgré ces lois en vigueur. »

Ce qui est plus grave, poursuit Gabriel Rufyiri, le Conseil des ministres tenue en date du 9 décembre 2020, lors de la journée internationale de lutte contre la corruption, a adopté un projet de texte portant suppression de la brigade spéciale anti-corruption, de la Cour spéciale anti-corruption et du Parquet général près Cour spéciale anticorruption au lieu de réviser la loi anti-corruption pour la rendre efficace.

« Il faut renforcer le mécanisme d’évaluation existant »

Le président de l’Olucome déplore que les recommandations issues d’une retraite gouvernementale tenue à Ruyigi en janvier 2012 sur une évaluation de l’efficacité de la loi anticorruption, de celle tenue à Gitega en octobre 2014 et les recommandations issues des états généraux sur la justice, organisés en août 2013, dans l’objectif de rendre la justice burundaise indépendante n’aient pas été mises en application.

« Bien plus, la Stratégie Nationale de bonne Gouvernance et de Lutte contre la Corruption n’a pas été bien exécutée. La situation se présente ainsi, alors que ces retraites, ces examens, ces états généraux et cette stratégie nationale ont consommé beaucoup de moyens financiers y compris le temps sans aucun résultat. »

L’Olucome suggère que lors de la session extraordinaire de juin 2021, les Etats parties à la convention puissent renforcer le mécanisme d’évaluation existant ou créer d’autres mécanismes si c’est opportun pour des évaluations appropriées.

L’Observatoire propose qu’ils mettent en place des moyens de protection des militants anti-corruption et des mécanismes d’alerte internationaux pour ces derniers.

« Comme la plupart des Etats parties à convention ne mettent pas en application les recommandations issues des examens périodiques, les aides au développement devraient être conditionnées de la mise en application de la Convention des Nations Unies contre la Corruption et des recommandations issues des rapports d’examens périodiques. »

Et de proposer qu’il y ait mise en place d’une Cour Internationale de lutte contre la Corruption d’autant plus qu’ils se commettent des crimes transnationaux notamment, le trafic illicite des drogues, des ressources naturelles et celui des êtres humains plus particulièrement les femmes et les enfants.

Gaudence Uwineza |Phare Africa Bujumbura 

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